La Naissance de Vénus d’Alain Jacquet – HDA

Voici un dossier que j’ai réalisé sur l’œuvre Camouflage Botticelli, Naissance de Vénus 1 d’Alain Jacquet. J’espère qu’il vous sera utile pour l’histoire des arts si vous êtes intéressés.

Petite précision : J’ai entièrement réalisé ce dossier moi-même et ce travail m’appartient vraiment.

OUI

 

Problématique : Comment l’art contemporain reprend-il les formes du passé ?

Thématique : Arts, créations, cultures

Domaine : Arts du visuel

 

Sommaire

  1. Présentation du l’œuvre
  2. Présentation de l’artiste
  3. Contexte historique et sociologique
  4. Contexte artistique
  5. Description de l’œuvre
  6. Analyse
  7. Conclusion et avis personnel
  8. Œuvres associées

 

  1. Présentation de l’œuvre

Cette œuvre s’intitule « Camouflage Botticelli, Naissance de Vénus 1 ». Elle fait partie d’une collection privée. Elle a été réalisée en 1963 par Alain Jacquet. Il s’agit d’une huile sur toile. Elle mesure 220 x 105 cm. Le peintre a utilisé sa technique du camouflage. Cette peinture est une parodie de l’œuvre de Botticelli, « Naissance de Vénus », réalisée de 1484 à 1486.

2. Présentation de l’artiste

Alain Jacquet naît en 1939. Il réalise des études aux Beaux-Arts de Paris et s’intéresse au théâtre et à l’architecture avant de se tourner complètement vers l’art grâce à sa rencontnre avec Pierre Restany. A partir de 1963, Alain Jacquet entreprend son travail des camouflages où il confronte entre autres des chefs d’œuvre de l’histoire de l’art avec des icônes publicitaire de son temps. En 1964, il est cofondateur du Mec-Art (courant artistique qui se caractérise par  l’utilisation d’images photomécaniques). Cependant, étant très éloigné du Nouveau Réalisme en vogue, il est très vite marginalisé et n’est pas reconnu aux Etats-Unis. l décède en 2008, à New York.

3. Contexte historique et sociologique

Alain Jacquet réalise Camouflage Botticelli, Naissance de Vénus 1 en 1963. Le monde connaît alors une grande période de prospérité économique, appelée les Trente Glorieuses (1945-1975). Les années 1960 correspondent à la fin de la ruralité majoritaire. Il s’agit du temps de l’abondance. Les services liés à l’amélioration du niveau de vie se multiplient. La consommation et les grandes surfaces se développent car ils répondent aux besoins d’une nouvelle société dite de consommation. Les occidentaux découvrent les temps du loisir et du superflu. L’automobile se développe considérablement durant cette période. Il s’agit d’un des principaux marqueurs sociaux affichant la réussite.

4. Contexte artistique

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Alain Jacquet ne faisait pas partie du Pop Art. Le travail d’Alain Jacquet était similaire à celui des Pop Artistes, mais leur approches étaient différentes. En effet, le travail de ces derniers reposait surtout sur la représentation (voir la dénonciation) de la société de consommation, alors que le but de Jacquet était de placer des messages, des idées, derrière des images d’œuvres d’art très connues que l’ont commençait à banaliser en les reproduisant en masse sous forme de poster ou de cartes postales, et qui finissaient ainsi par être perçues au même niveau que l’image d’un hot-dog à travers la publicité.

Au début des années 1930, Alain Jacquet réalise ainsi ce qu’il appelle des « camouflages ». Il  mêle ainsi des images populaires familières et des images empruntées à l’art classique, en donnant l’impression qu’il s’agit d’image de publicité, de manière à dénoncer cette banalisation des chefs-d’œuvres de l’art.

5. Description de l’oeuvre

Cette peinture est un camouflage. Deux images sont ainsi représentées. Elles sont superposées. La première est celle de Vénus, tirée du tableau « Naissance de Vénus » de Botticelli. La seconde est celle d’une pompe à essence de la marque Shell. Nous pouvons distinguer ces deux images car la pompe à essence paraît transparente.

L’image de Vénus est presque identique à celle du tableau original, « Naissance de Vénus« . Elle aborde les mêmes mouvement de pudeur et se tient de la même façon; c’est-à-dire en contrapposto (nom d’une pose dans l’art). Cependant, on parvient mal à distinguer les traits de son visage et son corps n’est pas modelé car Jacquet a travaillé des aplats pour créer ce camouflage.

Nous pouvons remarquer que la couleur de l’eau est différente de celle du tableau original. Elle est bleu foncé, alors que sur le tableau de Botticelli, elle paraît limpide. Le paysage à l’arrière plan est aussi très différent. Le ciel n’est plus bleu mais presque blanc, et les arbres ainsi que la végétation à l’arrière plan ont été remplacés par des formes abstraites. On peut cependant remarquer la présence de roses apparaissant sur le tableau original.

La pompe à essence est orange. Elle recouvre entièrement Vénus. On reconnaît le logo « Shell », le groupe pétrolier, ainsi que le logo « ICA ».

Les couleurs utilisées sont claires : bleu, rose, jaune, vert… Elles sont surtout primaires et font penser aux couleurs de la publicité industrielle et donc du Pop Art.  

6. Sens de l’œuvre (Analyse)

Cette œuvre est une parodie du tableau de Botticelli, « Naissance de Vénus« . Alain Jacquet crée une connexion humoristique entre le déesse et le logotype de la pompe à essence. En effet, « Shell » signifie « coquillage » en anglais, en référence à la coquille sur laquelle Vénus se tient.

On peut remarquer que la couleur du tableau est beaucoup plus foncée que sur le tableau original. Ce choix vise certainement à dénoncer la pollution de la mer par le rejet des déchets pétroliers, fait par de grandes firmes pétrolières tel que Shell.

A première vue, la pompe à essence n’a rien à voir avec la déesse de l’amour et de la beauté, Vénus. Elle évoque le monde de l’automobile et fait donc référence à la masculinité. Cependant, ces deux images ont bien un rapport. Vénus est la déesse de l’amour et de la beauté. Il s’agit d’un mythe de l’antiquité. La pompe à essence fait référence à l’automobile, qui est devenue un mythe de l’époque. Cela montre à quel point les civilisations ont des cultures différentes et c’est ce que l’artiste veut dénoncer.

Enfin, avec cette œuvre, Alain Jacquet donne à Vénus une image de publicité en la transposant avec une pompe à essence et en utilisant des couleurs typiques aux publicités de l’époque. Ainsi, il dénonce la banalisation des chefs d’œuvres de l’art (très banalisés à cause des publicités, et des productions en masse de poster, cartes postales, etc. –> Voir contexte artistique).

7. Conclusion/ Avis personnel

Au départ, je n’ai pas beaucoup aimé cette œuvre. J’ai trouvé que la beauté et la pureté de Vénus étaient totalement dégradées par la pompe à essence qui venait s’imposer devant elle. Je n’aimais pas non plus les couleurs utilisées car elles me rappelaient le monde de l’industrie et de la publicité, deux univers différents qui gâchent la vision de Vénus. Cependant, après avoir compris son message, mon regard sur cette peinture a complètement changé. Je trouve que le sens de cette œuvre est très bien pensé. Derrière cette peinture se cache une véritable dénonciation de l’artiste et rien n’est représenté au hasard.

–> Pour les œuvres associées : La « Naissance de Vénus » de Botticelli a été reprise de nombreuses fois par des artistes contemporains tel que Andy Warhol ou Erro.

 

 

 

 

 

 

Publicités